Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 11:26
20/09 | 07:00 | Vincent Collen

Le projet de loi sur le médicament met fin aux tête-à-tête entre médecins et visiteurs médicaux à l'hôpital. Les députés PS veulent aussi interdire la promotion de certains médicaments auprès des praticiens en ville. A l'UMP, certains jugent au contraire que le gouvernement va trop loin.

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Vincent COLLEN
Vincent COLLEN
Journaliste

Encadrer les visiteurs médicaux de l'industrie pharmaceutique qui font la promotion des médicaments auprès des médecins. C'est l'un des objectifs phares du projet de loi que les députés examinent aujourd'hui en commission des Affaires sociales. Pour Xavier Bertrand, qui l'a présenté en juin, le texte tire les leçons du scandale du Mediator, ce médicament anorexigène de Servier accusé d'avoir tué entre 500 et 2.000 personnes avant son retrait du marché en 2009. « La visite médicale dans sa forme actuelle doit évoluer », a estimé la semaine dernière le ministre de la Santé.

Le texte de loi vise la visite médicale à l'hôpital. Les commerciaux des laboratoires ne pourront promouvoir les médicaments que « devant plusieurs professionnels de santé » . En supprimant les tête-à-tête médecin-visiteur, « les risques d'influence entre la personne chargée de la présentation du médicament et le prescripteur se trouveront limités » , estime le rapport du gouvernement remis à l'Assemblée.

Pour la médecine de ville, aucun encadrement de la sorte n'est prévu, mais l'Etat pourra fixer des objectifs de réduction du nombre de visites par familles de médicaments. « Il est nécessaire d'instaurer une régulation quantitative de la visite médicale, centrée sur les classes pharmaceutiques qui font l'objet d'une promotion démesurée », a expliqué le ministre.

Le texte du gouvernement est loin de faire consensus. Pour l'opposition, il ne va pas assez loin. « Nous sommes très sceptiques sur la visite collective à l'hôpital, ce sera très compliqué à mettre en oeuvre », explique la députée PS Catherine Lemorton. Les socialistes veulent surtout interdire totalement la promotion auprès des médecins de ville de cinq catégories de médicaments parmi les plus prescrites : antiulcéreux, statines (cholestérol), antibiotiques, antihypertenseurs et antidépresseurs. Ils défendront un amendement en ce sens lors de l'examen du texte en séance la semaine prochaine.

Au sein de la majorité, à l'inverse, certains estiment que le gouvernement va trop loin. Le député UMP Jean-Sébastien Vialatte a déposé un amendement pour supprimer la mesure instaurant la visite collective à l'hôpital. « C'est dans le face-à-face au quotidien que les visiteurs médicaux hospitaliers permettent à l'innovation d'arriver jusqu'à ceux qui en ont besoin » , argumente l'élu du Var.

Une profession en danger

Les parlementaires avancent prudemment car le métier de visiteur médical est en danger. Déjà, quelque 6.000 postes ont été supprimés par les laboratoires en six ans (voir graphique). Le gouvernement estime que l'instauration de la visite collective à l'hôpital provoquera 1.500 suppressions de poste supplémentaires. « Ne faisons pas des visiteurs médicaux des boucs émissaires », demande Arnaud Robinet, le rapporteur UMP du texte de loi. Le député de la Marne compte déposer un amendement pour préciser que l'encadrement de la visite devra être conforme aux recommandations de la Haute Autorité de santé.

VINCENT COLLEN
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Par titus53
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