Juin 2009

Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 21:42

C'est une victoire pour tous ceux qui cherchent à faire établir en justice le lien entre la vaccination contre l'hépatite B et la sclérose en plaques. Après plus de dix ans de procédure, le laboratoire pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK) vient d'être reconnu «entièrement responsable» pour la sclérose en plaques diagnostiquée chez une adolescente en 1998, quelques mois après sa dernière injection du vaccin Engerix B contre l'hépatite B.

La décision du Tribunal de Grande Instance de Nanterre, en date du 12 juin et révélée aujourd'hui par Libération, condamne GSK a verser 396.000 euros de dommages-intérêts à la jeune femme, aujourd'hui âgée de 27 ans.

Cette décision est une première depuis un arrêt de la Cour de Cassation de 2003 indiquant que le lien entre la vaccination et la sclérose en plaques ne pouvait être établi.

L'histoire débute en 1994, quand Camille (1), alors âgée de 12 ans, reçoit une première injection d'un vaccin contre l'hépatite B. Nous sommes alors en pleine campagne nationale: les pouvoirs publics incitent la population à se vacciner contre une maladie susceptible de déclencher des hépatites aigües et des cancers du foie. Entre 1994 et 1998, 20 millions de Français sont vaccinés, le tiers de la population.

En février 1997, Camille subit son rappel du vaccin. Dès avril, elle est hospitalisée pour des troubles de l'équilibre et de la vision, constatées lors d'une compétition de gymnastique rythmique. En janvier 1998, le diagnostic formel tombe: c'est la sclérose en plaques. L'adolescente est alors âgée de 15 ans. Sa mère dépose plainte contre GSK en février 1999.

Des centaines de plaintes similaires ont été déposées devant les tribunaux civils, mais aussi au pénal: la juge Marie-Odile Bertella-Geoffroy, qui dirige le pôle de santé publique à Paris, a mis en examen GSK et le français Sanofi Pasteur MSD l'an dernier pour «tromperie aggravée». L'affaire est toujours en cours d'instruction.

Comme bien souvent dans les affaires de santé publique, il est très difficile d'établir la preuve avec certitude. Les études scientifiques tentant de prouver le lien entre la vaccination contre l'hépatite B et la sclérose en plaques peinent à prendre en compte des accidents qui, en tout état de cause, demeurent rares. En septembre 2008, une étude menée par une équipe de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris concluait ainsi à un risque non-nul, mais faible sur les enfants.

Pour le Tribunal de Nanterre, nul besoin d'attendre une preuve définitive, qui ne viendra sans doute jamais. La responsabilité du laboratoire est engagée s'il existe des «présomptions précises, graves et concordantes», ce qui est le cas pour Camille. Contacté par Libération, GSK refusait jeudi en fin d'après-midi de commenter cette décision ou dire s'il comptait faire ou non appel.

(1) Le prénom a été modifié

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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /Juin /2009 21:40

Actualité publiée il y a 14 jours
ADO

Selon une étude parue dans le Lancet, la rosiglitazone (Avandia®), un anti-diabétique oral destiné au traitement du diabète de type 2, des laboratoires GlaxoSmithKline, n’est pas si « dangereux » qu’on l’a laissé entendre dans une étude précédente et dans les media. Cette étude remet les choses en place : il était dangereux d’un point de vue cardiovasculaire.

 

Le traitement initial du diabète de type 2 repose sur les mesures hygiéno-diététiques (MHD). Le recours aux antidiabétiques oraux a lieu lorsque les MHD ne suffisent plus à contrôler la glycémie (HbA1c > 6 %).

Au Etats-Unis, début 2007,  la polémique entourait la rosiglitazone (Avandia®). En effet la Food and Drug Administration (FDA) avait été alertée par une série d'études cliniques inquiétantes qui indiquaient un risque beaucoup plus élevé d'infarctus et de morts liées à des maladies cardiovasculaires chez les patients traités parAvandia®.

En octobre 2008, la Haute Autorité de santé précisait : «  Dans l’état actuel des connaissances, la possibilité de survenue d’infarctus du myocarde et d’ischémie cardiaque sous traitement par rosiglitazone ne peut être exclue. La survenue de fractures est un nouveau risque qui a été identifié. »

 

Le Lancet a ainsi publié sur son site le 5 juin un article à paraître, intitulé « Rosiglitazone evaluated for cardiovascular outcomes in oral agent combination therapy for type 2 diabetes (RECORD): a multicentre, randomised, open-label trial » qui décrit le mode d’utilisation de la rosiglitazone (Avandia®, GlaxoSmithKline), un anti-diabétique oral (ADO) de la classe nouvelle des thiazolidinédiones, destiné au traitement du diabète de type 2.

Justement, le « RECORD » auquel le Lancet fait allusion est une étude (Rosiglitazone Evaluated for Cardiac Outcomes and Regulation of Glycemia in Diabetes) qui devrait rassurer les diabétiques : bien prescrite, bien utilisée, la rosiglitazone, en analyse finale, n’augmente pas le risque cardiovasculaire de base. Les thiazolidinédiones sont des insulino-sensibilisants (insulin sensitisers), elles augmentent la sensibilité des cellules à l’insuline au stade de la résistance à l’insuline du (pré)diabète de type 2.

 

En revanche, l’étude a montré une augmentation du risque cardiovasculaire chez les patients diabétiques en insuffisance cardiaque, et de plus une augmentation du risque de fractures, particulièrement chez les femmes lorsque la rosiglitazone était ajoutée au traitement par ADO.

 

L’étude menée par le Pr Philip D. Home (ICM-Diabetes, Medical School, Newcastle upon Tyne, Angleterre) et coll., peut être résumée ainsi : il n’y a pas d’augmentation du risque cardiovasculaire, des hospitalisations ni des décès quand la rosiglitazone est associée à la metformine ou un ADO de la classe des sulfonylurées chez les diabétiques de type 2. C’est ce qui ressort de l’étude RECORD, qui a concerné 4447 patients traités par l’un de ces ADO, auquel on avait ajouté la rosiglitazone. Ces patients avaient un taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c) entre 7 et 9 % (on recommande d’être à moins de 7 %).

 

On a ainsi comparé l’association de la rosiglitazone à l’un ou l’autre des ADO qu’utilisaient déjà les patients, et l’association des deux ADO précédents. Cette étude, qui a suivi les patients en question pendant 5 ans et demi en moyenne, a enregistré un décès cardiovasculaire ou une hospitalisation chez 321 patients du groupe ADO+rosiglitazone et chez 323 patients du groupe association d’ADO. Autrement dit une différence statistiquement non significative.

 

En 2007, une première analyse (interim analysis) du suivi avait fait état d’un risque cardiovasculaire, peut-être un peu… rapidement. Seul apparaît aujourd’hui un risque d’insuffisance cardiaque et, surprise, de fracture, ce qui implique des précautions d’emploi ou des contre-indications, selon le cas, notamment chez les femmes diabétiques de type 2 ménopausées, du fait de l’augmentation du risque fracturaire.

 

En fait, comme le soulignent les membres du RECORD Study Team, la rosiglitazone était déjà déconseillée en cas d’insuffisance cardiaque ou de dysfonction myocardique, mais tous comptes faits la rosiglitazone n’augmente pas la morbidité et la mortalité cardiovasculaire globales ». Celle-ci a un « jumeau » : la pioglitazone (Actos®, Takeda, Pharma)… dont on n’a pas connaissance qu’elle ait subi les mêmes soupçons… De toute façon, il semble nécessaire de donner l’une et l’autre à la moitié de la dose maximum conseillée dans les notices : associées aux ADO classiques, elles ont le même efficacité… et mois d’effets indésirables, selon deux spécialistes canadiens qui commentent ce nouveau résultat.

 

Auteur : Yann-Mikael Dadot, Santé log, le 12 juin 2009

 

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